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Du tir à l'arc en alcoologie...!

 Extrait de la page http://pagespro-orange.fr/cimpsyaix/revue/html/tir_a_larc.html 

4°Journée Nationale Française des Unités d'Hospitalisation d'Alcoologie Publique et Privée. PARIS. Jeudi 23 Novembre 1995. (Communication)

Brigitte CHAIGNE*, Guy CATALLA**, Jacques ROYER***

Le service d'Alcoologie d'Aix-en-Provence a ouvert ses portes en 1964. Issu de la Loi de 1954 sur les Alcooliques Dangereux, il avait au départ vocation à accueillir des sujets alcooliques pendant six mois. Rapidement, si ce n'est immédiatement, le projet initial a été délibérément détourné, abandonnant la notion de "garderie" au bénéfice du "thérapeutique". Le projet thérapeutique fut donc établi et reste d'aider nos patients à "accéder à une vie heureuse" hors alcool.

Notre propos n'est pas aujourd'hui de développer les bases théoriques qui ont prévalu à l'établissement des modalités de soins, nous n'errerons donc pas dans les méandres de la "faille narcissique", ni dans les horaires de "réadaptation par le travail" qui ont eu leurs heures de gloire et leur intérêt. Retenons seulement que notre participation à un prodigieux héritage est d'asseoir actuellement le soin aux Alcooliques sur la Réflexion, l'Information, la Réassurance et l'Expression. Bien évidemment tout ce qui est verbalisé a une place de choix dans notre intervention thérapeutique, mais au-delà nous avons recours aussi à l'expression artistique, à l'écriture, au Ciné-débat, à la Vidéo et à l'expression corporelle.


Une psychomotricienne a été recrutée il y a une dizaine d'années et a apporté les techniques corporelles à l'éventail thérapeutique offert à nos patients, comme elle pratique en week-end "le Tir à l'Arc" pour atteindre dans cet art un niveau respectable, aprés réflexion et long mûrissement, elle proposa ce sport à nos patients.


L'intérêt apparut suffisamment judicieux pour que les démarches soient engagées vers l'ensemble des parties prenantes, à savoir: le Club de Tir à l'Arc, l'équipe soignante, l'administration hospitalière et l'Association pour le financement. Les réponses et en particulier les réticences doivent être mentionnées au titre des incontournables résistances au changement, mais l'intérêt de quelques-uns permit au projet d'aboutir.


Ainsi donc le Commandant de l'Institution des Invalides de la Légion Etrangère du village voisin nous accueillit fort aimablement et accepta que "le club de Tir à l'Arc" installé sur son aire de responsabilité nous ouvre à l'avenir un créneau horaire hebdomadaire et nous prête son matériel. Le Directeur de notre hôpital ne fit aucune objection, ce sport n'entre pas dans la catégorie des sports à haut risque, sa pratique est donc naturellement couverte par l'Hôpital au niveau assurance et responsabilité. L'équipe soignante fut d'abord surprise, s'enquit de ses propres modalités de participation, (obligation, libre-choix, priorité...) demanda à réfléchir sur les bases théoriques de cette démarche, s'inquiéta des horaires qui risquaient de contrecarrer d'autres activités, évoqua aussi par la voix médicale la définition des indications et des contre-indications...


Le "Combien ça coûte" n'était pas rédhibitoire vu les facilités d'inscription qui nous étaient offertes, mais au fil des premiers mois le nombre de flèches perdues à rembourser nous a momentanément assez sérieusement inquiété.


L'usage a montré que deux ou trois séances successives, permettaient aux novices d'approcher cet art, d'en tirer toute satisfaction après en avoir accepté l'angoisse du passage à l'acte devant les autres et d'en mesurer la facilité d'exécution au gré d'un minimum de persévérance.


* Psychomotricienne. Service d'Alcoologie. Adepte du tir à l'arc.

** Infirmier de Secteur Psychiatrique. Co-moniteur fréquent de l'Atelier.

*** Praticien Hospitalier. Service d'Alcoologie. CH Montperrin. 13617 Aix en Provence Cedex 1


I - LES BASES THEORIQUES : Que peut-il y avoir de commun entre un alcoolique, la psychomotricité et le tir à l'arc?

1 - Le Corps du sujet alcoolique.
Nous le savons agressé, violenté, abîmé, déformé dans la réalité, par la pathologie évolutive et les accidents. Nous savons aussi combien il finit par être dévalorisé dans son image et sa représentation. La psychomotricienne a l'habitude de faire le bilan des dégâts: les atteintes les plus repérables outre les séquelles de polynévrite semblent bien être les tremblements, la baisse de la force musculaire, l'incoordination gestuelle augmentée par la timidité, l'émotion et l'absence de confiance en soi, mais aussi les troubles de l'équilibre, les atteintes sensorielles, que tous ces aléas soient d'origine accidentelle ou dégénérative.

2 - L'objet de la psychomotricité trouve son cadre légal et sa définition dans le décret 88-659 du 6 mai 1988. Rappelons seulement qu'il couvre la rééducation des troubles et désordres psychomoteurs au moyen de techniques de relaxation dynamique, d'éducation gestuelle, d'expression corporelle ou plastique, et au moyen des activités rythmiques, de jeu, d'équilibration et de coordination.
Plus prosaïquement la psychomotricité nous semble devoir refamiliariser le sujet avec lui-même, et l'autoriser à laisser aussi s'exprimer son corps dans la relation aux autres. L'entraînement à l'autocontrôle, à la maîtrise de ses mouvements, à la réassurance permettent de parvenir au bien-être qui a déserté depuis longtemps nos patients alcooliques.

3 - Qu'apporte le Tir à l'Arc ?
Ce sport qui doit commencer par un peu d'échauffement et d'assouplissement semble se calquer de façon caricaturale à la panoplie des exercices d'équilibre statique et dynamique, de coordination générale, de dissociation des mouvements et d'impératif moteur dont usent quotidiennement les psychomotriciens. Quand on sait que ce sport met tous les sens en alerte, notre théâtre d'évolution, la belle campagne aixoise est un cadre de choix, surtout comme cela est fréquemment le cas lorsque les cigales sont de la partie et que le thym et le romarin dégagent leurs senteurs.


Le matériel est simple, matériel d'initiation "standard", qui ne nécessite pas d'effort particulier. La technique est excessivement simplifiée car il ne s'agit pas de faire preuve de performance sportive, il ne s'agit pas de se mesurer aux autres, mais de se confronter à soi-même, dans un apprentissage de la maîtrise de son émotion, de sa respiration, de son calme, sous le regard des autres et avec à la clef sa propre réussite ou son échec, inscrit ou non, dans la cible.

II - EN PRATIQUE.


Une liste de 6-7 patients est arrêtée chaque semaine, un membre de l'équipe soignante se propose d'être l'accompagnateur, co-animateur du groupe, l'administration mettant à notre disposition un minibus. C'est ainsi que depuis deux ans, chaque mercredi après-midi, sous un ciel en général clément, un petit groupe d'archers se rend sur le domaine de la Légion Etrangère, niché au creux de la chaîne de la Montagne Sainte-Victoire au milieu des vignobles localement reconnus comme cru "intéressant" de Rosé de Provence.


Sur les lieux on apprend à "remonter" un arc, à placer la flèche, à se positionner convenablement, de profil, pieds écartés dans le meilleur équilibre; la psychomotricienne veille à ce que des "repères corporels" soient bien trouvés, afin que le même geste soit répété et toujours exécuté dans "un mouvement harmonieux". Puis on découvre la tension de l'arc lorsqu'on "le bande", on apprend à calmer son émotion, son tremblement, sa respiration tout en développant une certaine force musculaire qui finit par ébranler tout le corps si l'on ne se décide pas à décocher la flèche avant que les membres ne se crispent et ne s'animent en un tremblement géant s'épuisant dans la crampe et l'apnée.

 

Cet exercice se fait deux par deux, sous l'oeil des animateurs et sous le regard des autres, chacun pouvant approcher et utiliser le matériel à son tour. La cible est un grand cercle d'un mètre de diamètre, appuyée sur des bottes de pailles, elle se dresse à une quinzaine de pas, mais la distance peut varier. Quelquefois elle est centrée par un "ballon", le faire exploser n'est pas si simple et apparaît comme un Diplôme de Maîtrise lors de la dernière séance.


Après quelques tirs, tous les présents vont derrière et de part et d'autre de la cible rechercher un maximum de flèches perdues dans les chênes verts et autres broussailles agressives et l'on recommence.

La psychomotricienne repère les difficultés de chacun, corrige les positions, soutient de la voix; elle ressent et prévient "la peur de ne pas réussir" qui paralyse et fait échouer, tout autant qu'une précipitation dysharmonieuse conduit aussi inexorablement à l'échec. Elle peut aussi au fil des trois séances successives innover en proposant des exercices différents visant la rapidité, le contrôle du corps, l'adresse ou en soustrayant le regard au moment de tirer en faisant fermer les yeux.


Les gratifications sont évidentes, elles passent par le plaisir du geste bien accompli et éventuellement l'approche puis l'atteinte de la cible. Pendant ce temps l'accompagnateur joue le rôle de tierce personne. Il est attentif, repère les va et vient, les retraits ou les précipitations. Il parle pendant l'attente de tirer, écoute les inquiétudes. Présent, bien qu'en retrait, il veille au bon déroulement de la séance, et pourra ultérieurement rapporter afin que soit traité tel ou tel comportement moins jovial, plus isolé ou inversement une traduction trop hilarante de l'anxiété liée à l'attente de tirer soi-même.

 

III - OBSERVATIONS CLINIQUES.


1 Monsieur Tout le Monde
Bien sûr, il n'existe pas, chaque personne étant différente, appelons le affectueusement papy Mougeot, et repérons à travers lui quelques comportements des plus fréquents. Ainsi, avant le départ, papy Mougeot exprime-t-il souvent son scepticisme sur l'intérêt de cette activité, évoquant d'un air désabusé son réel contentement d'aller prendre l'air et de se changer les idées.
Tout au long du trajet il se demande bien par devers lui s'il y arrivera aussi et exprime généralement un doute; ce qui fait que le trajet "aller" de la première séance est particulièrement silencieux ou alors insupportablement bruyant et ce jusqu'au moment où il faut à son tour "bander" son arc. Première difficulté : Papy  Mougeot s'énerve, ne comprend pas dans quel sens il faut  tenir son arc ou a peur de le casser... enfin chacun y parvient.
A la première flèche, le doute est à son maximum. Est-ce que la corde ne va pas casser en tirant aussi fort dessus ? Est-ce qu'il fait bien ce qui lui a été dit.. ? Le résultat ne se fait pas attendre. Oui, il est suffisamment "puissant". La preuve ? La flèche va au moins jusqu'à la cible et souvent même lors de ce premier essai, bien  au-delà...!Tout n' est pas gagné pour autant, car il faut que la flèche "rentre" dans la cible. Monsieur Tout le Monde se perd alors en conjectures, cherche à calculer quelle va être la trajectoire probable de la flèche s'il vise plus ou moins haut, essaye de  tenir compte du vent, de la distance...toute réflexion et supputation propre à chacun... La flèche étant lachée, la psychomotricienne intervient  non pas sur leur "réflexion", mais plutôt sur leur "ressenti". Dans quelle position ont-ils placé leurs pieds ? Leurs épaules ? Leurs bras ? Ne sont-ils pas trop contractés au niveau du poignet, du cou, du torse ...?
Chacun d'entre eux doit ainsi avoir "perçu, repéré et intégré son propre mouvement". Dès lors, la partie est gagnée, la plupart des flèches vont dans la cible ! Durant le trajet "retour", Monsieur  Mougeot dit combien il est heureux et surpris de découvrir ses compétences cachées, il dit aussi combien il est fier "d'y être arrivé", lui qui est beaucoup plus petit que les autres, et qui a autant de force que les autres... Et puis  quelle maîtrise, quelle assurance...un vrai bonheur.

2 - Monsieur X. s'est blessé.
Quelles que soient les précautions que nous prenons certaines personnes se font mal durant cette activité. De fait, lorsque la flèche "part", la corde de l'arc peut taper ou frotter sur l'avant bras de l'archer. La douleur est alors importante et correspond à une brûlure doublée d'un hématome. C'est pourquoi nous insistons toujours pour que tout le monde se "protège" cette partie du bras à l'aide d'un morceau de tissu, maintenu en place par du Surgifix.
Malgré cela, Monsieur X, a fini sa première séance, avec un bras devenu violet, qu'il montrait fièrement et bruyamment, sans se plaindre de la douleur qui devait être forte. La psychomotricienne fut vraiment "perplexe", car rien au niveau de son geste ne pouvait expliquer ce "retour de corde" et elle fut étonnée de son attitude, par laquelle il semblait "exhiber" sa blessure.
Le lendemain, au service,  elle en discute avec une des psychologues. L'hypothèse fut de faire le parallèle entre l'état dans lequel il devait se mettre dans l'alcool, et qu'il devait "afficher", et son attitude durant l'activité. On peut penser que ce comportement était bien adressé à quelqu'un, sans doute à la psychomotricienne.
A la séance suivante, elle a particulièrement fait attention à lui, elle lui a parlé de sa tension nerveuse... il s'est de nouveau "blessé", mais de façon moindre jusqu'à ce qu'il puisse reconnaître combien il était crispé au niveau des doigts,  mais aussi du poignet et de l'avant-bras, ce qui génèrait cette mauvaise position responsable du traumatisme et de l'échec du tir.
Cette personne a bénéficié de séances supplémentaires de tir à l'arc, qui lui ont permis progressivement  de se libérer d'une prise en charge particulière avant d'intégrer et de se fondre dans le groupe.

3. Mme Z.
Durant tout le trajet "aller " qui était ce jour là en voiture, elle raconte combien elle se sent "empotée" dans son corps, corps dont elle ne s'était du reste jamais préoccupée jusque-là. Elle insiste pour expliquer qu'enfant, elle trouvait tout prétexte pour ne pas assister aux cours de gymnastique. D'ailleurs elle ne sait pas nager non plus et n'a jamais passé son permis de conduire ceci en référence à son incoordination naturelle ...
En fait, elle dit ne s'être occupée que de sa "tête". Depuis qu'elle est à l'hôpital, elle vit un calvaire dans la confrontation à son corps souffrant, d'autant que les tremblements sont encore pires que sous alcool. Elle en ignore l'origine et évoque ceux de sa mère qui souffre d'un Parkinson; alors elle a peur, ça la gène, elle ne supporte pas le regard des autres. Durant les trois séances de Tir à l'Arc auxquelles elle a participé, elle s'est montrée particulièrement attentive et impliquée. Le travail à ses côtés a porté sur un effort de minimisation du ressenti des tremblements en découvrant qu'ils n'empêchaient pas l'accession à une bonne position, qu'ils n'entravaient pas sa motricité et autorisaient un geste bien fait.
Ainsi, lors de la première séance, les tremblements effectivement importants se sont atténués tandis que l'attention était reportée sur la  respiration. Il est aussi remarquable de noter combien elle s'est laissée porter et guider par le regard et les encouragements de la psychomotricienne. Dès le début de la seconde séance, il lui fut proposé d'ouvrir le tir devant tout le groupe en affichant la meilleure position. Surprise..! contrairement à ce qu'elle pensait et attendait, la flèche se ficha dans la cible. Elle s'excusa en disant " je n'ai pas fait exprès !" mais les flèches suivantes atteignirent aussi la cible. Lors de la dernière séance elle a pu, comme bien d'autres se détacher de la psychomotricienne, se fondre dans son groupe et suivre l'activité à son rythme. Dans le Service, son comportement a changé aussi, elle s'est montrée moins passive, plus spontanément communicante et plus riche d'avoir retrouvé du plaisir dans son corps.


CONCLUSION
Insistons sur le fait que "le Tir à l'Arc" proposé dans ce contexte est un "Tir Naturel" ou "Tir de chasse". Très intuitif ou instinctif il ne vise pas à la performance. Ce sport s'oppose à ce que l'on peut voir à la télévision où il s'agit de "précision", d'application, de compétition entre archers. Ici la compétition est avec soi-même.


Dans le Club qui nous accueille rien ne différencie nos "archers hospitaliers" des autres pratiquants. Cette activité démontre que le patient alcoolique peut parfaitement se couler à nouveau et sans alcool dans un milieu étranger. Il est plaisant de voir des discussions s'instaurer sur le matériel, les arcs,les flèches, ou sur la technique. Nous savons que tel ou tel patient est retourné s'inscrire à titre personnel au Club ou à un autre Club.


Il apparaît à la réflexion que le mécanisme de "feed-back" qui sous-tend cet art a valeur thérapeutique. Ainsi malgré l'attentive préparation à laquelle se soumet le sujet dans l'application des consignes données, la flèche ne va pas à l'endroit voulu de la cible ou ne l'atteint souvent pas lors des premières "volées" . Le sujet est donc confronté à son échec, ceci étant potentialisé par le fait que cet échec est public. On assiste de façon quasi permanente à une sorte d'acharnement dans la répétition du mouvement, tendu vers la réussite escomptée jusqu'à satisfaction. La fatigue, chez quelques femmes peut entraîner un abandon tout-à-fait momentané, avec nouvel essai après un repos.


Il est intéressant de voir cet auto-éxigence d'un réajustement soigneux, répétitif avec correction minutieuse, attentive aux indications données par la psychomotricienne, qui ne "montre" ni n'exécute jamais elle-même le mouvement exemplaire et "parfait". En effet, elle insiste bien sur le fait que le mouvement parfait est propre à chacun, dans l'harmonie intérieure de sa propre bonne position.


Globalement l'enrichissement qu'apporte cet atelier que nous pouvons qualifier de thérapeutique, porte sur la mise en évidence d'une assez rapide reprise de confiance en soi, et notoirement sur une accession au plaisir, guidé par la satisfaction d'avoir réussi, là ou l'on ne s'attendait pas du tout à réussir.


Cet atelier est bien sûr facultatif, il se déroule en 3 séances sur 3 semaines, il est en général bien accueilli, nous avons cru remarquer que des refus de participation ou réticences semblent avoir été émis par des patients ayant été violents sous alcool. Nous avons compris que l'arc est alors assimilé à une arme. Inversement, nous avons aussi repéré que les patients les plus volontaires à participer à cette activité sont ceux qui seraient souvent les plus en difficulté pendant le séjour.


En dernier lieu il apparaît que des patients qui se sont présentés comme "dépressifs", laissent éclater leur premier rire et leur joie de vivre à l'occasion du "Tir à l'Arc en Alcoologie".

Service d'Alcoologie. Centre Hospitalier Montperrin. 13617 Aix en Provence Cedex 1

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